L'épiscopat de Thierry V de Boppart s'inscrit dans la seconde moitié du XIVe siècle,
à une époque où l'autorité temporelle des évêques messins est désormais largement supplantée
par le pouvoir de la commune de Metz. Cette période est marquée par une stabilisation
politique relative après les grandes crises du milieu du siècle.
Les droits régaliens, notamment le droit de battre monnaie, subsistent formellement
mais leur exercice est fortement encadré par les autorités urbaines messines. Le monnayage
épiscopal de Metz sous Thierry V témoigne de cette évolution progressive.
Les deniers et gros d'argent, frappés aux ateliers de Marsal et de Metz, s'inscrivent
dans la continuité des émissions du XIVe siècle, avec des types de plus en plus standardisés,
parfois difficiles à distinguer des frappes communales ou anonymes.
Ces monnaies constituent néanmoins des témoins essentiels de la numismatique lorraine
à la fin du Moyen Âge. On distingue deux séries principales selon l'atelier d'émission :
Marsal (types 1 à 4) et Metz (types 6 à 9), auxquels
s'ajoute un exceptionnel piéfort du gros.